En bref

  • L'ADEME retient environ 15 % d'économie moyenne sur le chauffage avec un thermostat programmable, et environ 7 % de consommation par degré en moins. Un thermostat connecté est un thermostat programmable : il ne fait pas mieux par lui-même.
  • Le gain réel dépend des heures où la température baisse. Deux degrés de moins pendant huit heures la nuit représentent, en raisonnant par degré, de l'ordre de 2 × 7 % × 8/24, soit environ 5 % de la consommation de chauffage.
  • Sur un exemple de 6 000 kWh de chauffage par an à 0,20 € le kWh, 15 % d'économie font environ 900 kWh et 180 € par an. Le calcul est un exemple, pas une promesse.
  • Ce qu'apporte le connecté en plus, c'est de ne pas oublier : la commande à distance, la détection d'absence et le suivi de consommation évitent de chauffer une maison vide.
  • Il rapporte peu si le chauffage est déjà programmé, si le logement est occupé toute la journée, ou si la température est déjà basse.

Un thermostat connecté fait économiser ce que fait économiser n’importe quel thermostat programmable : l’ADEME retient environ 15 % en moyenne sur le chauffage, et environ 7 % par degré en moins. L’application, l’écran et la commande vocale n’économisent rien d’eux-mêmes. Le gain vient des heures où la température baisse, la nuit et en absence, et il se calcule sur votre propre consommation.

La question revient chaque automne, parce que les chiffres annoncés varient du simple au triple selon qui les publie. Cet article sépare ce qui est mesuré à l’échelle nationale de ce qui relève de l’argument commercial, puis fait le calcul sur un exemple.

D’où viennent les chiffres, et ce qu’ils mesurent

Deux chiffres de l’ADEME circulent, et ils ne disent pas la même chose. Le premier, environ 7 % de consommation par degré, décrit l’effet physique d’une température plus basse : un logement chauffé à 19 °C perd moins de chaleur qu’à 20 °C. Le second, 15 % d’économie moyenne avec un thermostat programmable, décrit le résultat typique d’une programmation qui abaisse la température la nuit et pendant les absences.

Ces deux valeurs figurent dans le guide de l’ADEME « Comment réduire sa facture d’électricité ? ». Ce sont des moyennes nationales. Elles dépendent de l’isolation, du climat, du type de chauffage et surtout de la situation de départ : un foyer qui laissait tout à 21 °C jour et nuit gagnera bien plus qu’un foyer qui baissait déjà ses radiateurs à la main.

Les fabricants annoncent parfois des économies bien supérieures. Ces chiffres reposent sur leurs propres études, avec leurs propres hypothèses, souvent comparées à un logement sans aucune régulation. Ils ne sont pas faux par principe, mais ils ne se transposent pas à un logement qui était déjà programmé. Faute d’étude indépendante publiée et datée qui les confirme, nous ne les reprenons pas ici.

Ce que dit le chiffreValeurSourceÀ quoi il s’applique
Effet d’un degré de moinsenviron 7 %ADEMEAux heures où la température est abaissée
Effet moyen d’une programmationenviron 15 %ADEMEÀ la consommation annuelle de chauffage
Température moyenne maximale de chauffage19 °CCode de l’énergie, art. R241-26Aux locaux d’habitation

Le calcul sur un exemple

Prenons une maison chauffée à l’électricité qui consomme 6 000 kWh par an pour le chauffage, avec un prix de 0,20 € le kWh. Ces deux valeurs sont des hypothèses de travail, à remplacer par les vôtres : la consommation se lit sur les factures ou dans l’espace client du fournisseur, le prix sur le contrat.

ScénarioCalculÉconomie estimée
Moyenne ADEME pour une programmation6 000 × 15 % = 900 kWh ; 900 × 0,20 €environ 180 € par an
2 °C de moins la nuit, 8 h sur 246 000 × 2 × 7 % × 8/24 = 280 kWh ; 280 × 0,20 €environ 56 € par an
Même chose, plus 3 °C de moins 9 h en semaine (absence)+ 6 000 × 3 × 7 % × 9/24 × 5/7 ≈ 340 kWhenviron 124 € par an au total
Un degré de moins en permanence6 000 × 7 % = 420 kWh ; 420 × 0,20 €environ 84 € par an

Le raisonnement par degré et par heure est une approximation de la rédaction. Il suppose que la température baisse aussitôt la consigne changée, ce qui n’est vrai que pour un logement peu inertiel. Avec des murs lourds ou un plancher chauffant, la pièce met du temps à refroidir puis à remonter, et une partie du gain disparaît sur les plages courtes.

Le tableau montre surtout une chose : l’essentiel du gain vient des absences en journée, pas de la nuit. Un foyer absent huit à dix heures par jour, cinq jours par semaine, a de quoi économiser. Un foyer en télétravail permanent beaucoup moins.

Ce que le connecté ajoute à un simple programmateur

Un programmateur classique fait déjà le travail principal : il suit un horaire. La différence du connecté tient à trois fonctions qui évitent les oublis, et c’est sur elles qu’il faut juger l’achat.

  • La commande à distance permet de couper le chauffage d’une maison vide quand on part plus longtemps que prévu, ou de passer en hors-gel depuis la gare un vendredi soir.
  • La détection d’absence, par la position du téléphone ou par un capteur de présence, abaisse la température sans qu’on y pense. C’est utile quand les horaires changent d’une semaine à l’autre.
  • Le suivi de consommation rend visible ce que coûte chaque degré. Il ne fait rien économiser directement, mais il aide à garder une consigne raisonnable.

À l’inverse, un thermostat connecté n’améliore pas le rendement du chauffage. Il ne rend pas un convecteur plus efficace et ne compense pas une fenêtre qui fuit. Il ne fait pas non plus économiser si l’on remonte la consigne depuis le canapé parce que c’est devenu facile.

Un point technique conditionne tout le reste : le thermostat doit pouvoir commander les radiateurs. Sur un chauffage électrique, cela passe le plus souvent par le fil pilote des radiateurs, qui transmet les ordres confort, éco et hors-gel. Si les radiateurs n’en ont pas, les solutions de repli sont décrites dans notre article pour piloter un radiateur sans fil pilote, avec leurs limites.

Les situations où il rapporte peu

Le même appareil peut se rembourser en deux hivers dans une maison et ne jamais se rembourser dans une autre. Quatre situations réduisent fortement le gain.

Le chauffage est déjà programmé. Des radiateurs récents à horloge intégrée, réglés correctement, font déjà l’essentiel. Le thermostat connecté n’ajoute alors que le confort de la commande à distance.

Le logement est occupé toute la journée. Sans absence, il ne reste que l’abaissement de nuit, qui pèse moins lourd, comme le montre le tableau plus haut.

La température est déjà basse. Un logement tenu à 18 °C le jour et 16 °C la nuit n’a plus beaucoup de degrés à gagner. Le code de l’énergie fixe d’ailleurs à 19 °C la limite supérieure de la température moyenne de chauffage dans les logements.

La consommation de chauffage est faible. Dans un appartement bien isolé qui consomme 2 000 kWh par an, 15 % représentent 300 kWh, soit environ 60 € avec notre prix d’exemple. Le délai de remboursement s’allonge d’autant.

Sur des radiateurs à eau, le principe reste le même, mais la régulation se fait souvent pièce par pièce avec des têtes thermostatiques. Notre article sur le thermostat d’un radiateur en fonte détaille ce qui s’adapte sur les anciens corps de chauffe et comment l’inertie de la fonte réduit l’effet des plages courtes.

Calculer la rentabilité pour votre logement

Le calcul tient en trois étapes, et il vaut mieux le faire avant l’achat qu’après.

  1. Relever la consommation de chauffage. Sur un chauffage électrique, elle se mélange aux autres usages : une estimation courante consiste à comparer la consommation d’un mois d’hiver et celle d’un mois sans chauffage.
  2. Estimer l’économie. Appliquer 15 % donne un ordre de grandeur. Le calcul par degré et par heure, comme dans notre exemple, colle mieux à vos horaires réels.
  3. Diviser le coût total par l’économie annuelle. Le coût total comprend l’appareil, les modules éventuels pour chaque radiateur et la pose si un électricien intervient.

Avec 180 € d’économie par an, un équipement de 250 € se rembourse en moins de deux hivers. Avec 60 €, il en faut plus de quatre, et l’achat se justifie alors davantage par le confort que par la facture. Les modules et passerelles restent eux-mêmes branchés en permanence : leur propre consommation, faible mais continue, se calcule comme celle d’une prise connectée en veille.

Un dernier élément pèse dans la décision. Selon Service-public.fr, les logements existants devront disposer au 1er janvier 2030 d’un système de régulation capable de programmer au moins quatre allures : confort, réduit, hors-gel et arrêt. Un thermostat connecté qui pilote des radiateurs par fil pilote y répond. L’obligation incombe au propriétaire, avec des exemptions quand l’installation n’est pas techniquement ou économiquement réalisable : un locataire qui envisage l’achat a intérêt à en parler d’abord à son bailleur.

Questions fréquentes

Combien un thermostat connecté fait-il économiser ?

L'ADEME retient environ 15 % d'économie moyenne sur le chauffage avec un thermostat programmable, connecté ou non. Ce chiffre est une moyenne : le gain réel dépend des heures pendant lesquelles la température baisse, de l'isolation et de la façon dont le chauffage était réglé avant.

Un thermostat connecté économise-t-il plus qu'un thermostat programmable ?

Pas par nature. Les deux font la même chose : baisser la température aux heures choisies. Le connecté aide surtout à tenir la programmation dans la durée, grâce à la commande à distance, à la détection d'absence et au suivi de consommation, ce qui évite les oublis.

En combien de temps un thermostat connecté est-il rentabilisé ?

Il faut diviser le prix total, appareil et pose compris, par l'économie annuelle estimée sur votre propre consommation. Avec une économie de 180 € par an, comme dans notre exemple, un équipement de 250 € se rembourse en moins de deux hivers ; avec une petite consommation, cela peut prendre beaucoup plus longtemps.

Baisser le chauffage la nuit fait-il vraiment économiser ?

Oui, dans la plupart des logements : chaque degré en moins représente environ 7 % de consommation selon l'ADEME, et ce gain s'applique aux heures pendant lesquelles la température est abaissée. Avec un chauffage très lent à remonter, comme un plancher chauffant, l'abaissement doit rester modeste et commencer plus tôt.

Sources et méthode

  • ADEME, guide « Comment réduire sa facture d'électricité ? » (Clés pour agir) : environ 7 % de consommation de chauffage par degré, 15 % d'économie moyenne avec un thermostat programmable
  • Code de l'énergie, article R241-26 : limite supérieure de 19 °C pour la température moyenne de chauffage des locaux d'habitation
  • Service-public.fr, actualité sur l'obligation de régulation programmable : quatre allures confort, réduit, hors-gel et arrêt ; échéance du 1er janvier 2030 pour les logements existants
  • Calculs d'exemple de la rédaction (consommation de 6 000 kWh/an, prix de 0,20 € le kWh), présentés comme hypothèses et non comme relevés