En bref
- Selon l'ADEME, les veilles peuvent représenter jusqu'à 15 % de la facture d'électricité hors chauffage et eau chaude, soit plus de 100 € par an.
- Un watt consommé en permanence fait 8,76 kWh par an, soit environ 1,75 € au prix Base du Tarif Bleu au 1er août 2026 (20,01 c€ TTC/kWh).
- Depuis le 9 mai 2025, un appareil neuf vendu dans l'Union européenne ne doit pas dépasser 0,5 W en veille, ou 0,8 W s'il affiche une information ; ce sont les appareils anciens et ceux qui restent connectés qui coûtent.
- Box internet (9,1 W en moyenne selon l'Arcep) et décodeur TV (4,1 W en veille) pèsent à eux deux près de 23 € par an : ce sont les premiers postes à regarder.
- On ne débranche ni le réfrigérateur, ni ce qui assure une sécurité ; pour le reste, une multiprise à interrupteur suffit souvent.
Selon l’ADEME, les veilles peuvent peser jusqu’à 15 % de la facture d’électricité hors chauffage et eau chaude, soit plus de 100 € par an. Le calcul tient en une règle : chaque watt consommé en permanence coûte environ 1,75 € par an au prix Base d’août 2026. Comme les appareils neufs sont limités à 0,5 W en veille depuis mai 2025, ce sont surtout les appareils anciens et ceux qui restent connectés qui méritent d’être coupés.
Tout débrancher chaque soir n’a donc pas de sens. Il faut repérer les quelques appareils qui consomment vraiment, et laisser tranquilles ceux qui ne coûtent que quelques centimes.
Ce que coûte un watt de veille
Un appareil en veille consomme peu, mais sans s’arrêter : 24 heures sur 24, soit 8 760 heures par an. Une consommation de 1 W devient ainsi 8,76 kWh dans l’année. Au prix Base 6 kVA du Tarif Bleu, 20,01 c€ TTC le kWh au 1er août 2026, cela fait 1,75 €.
Le tableau applique ce calcul à quelques puissances de veille courantes. Il suffit de lire la ligne qui correspond à l’appareil, ou d’additionner plusieurs lignes.
| Puissance en veille permanente | Énergie par an | Coût par an à 20,01 c€/kWh |
|---|---|---|
| 0,5 W (plafond d’un appareil neuf) | 4,4 kWh | 0,88 € |
| 1 W | 8,8 kWh | 1,75 € |
| 2 W | 17,5 kWh | 3,51 € |
| 5 W | 43,8 kWh | 8,76 € |
| 10 W | 87,6 kWh | 17,53 € |
| 20 W | 175,2 kWh | 35,06 € |
Ces montants supposent une veille de toute l’année. Un appareil qui fonctionne quelques heures par jour passe moins de temps en veille, et son coût de veille baisse d’autant. Le calcul reste valable si l’on remplace le prix par celui de son propre contrat : il suffit de multiplier les kWh par le prix du kWh.
Ce que la réglementation impose aux appareils neufs
Les veilles ne sont plus libres depuis longtemps. Le règlement européen (UE) 2023/826, applicable depuis le 9 mai 2025, a remplacé l’ancien texte de 2008 et resserré ses plafonds. Il fixe la puissance maximale des appareils électriques et électroniques domestiques et de bureau vendus dans l’Union.
| Mode | Depuis 2025 | À partir de 2027 |
|---|---|---|
| Veille simple | 0,5 W | 0,5 W |
| Arrêt | 0,5 W | 0,3 W |
| Veille avec affichage d’une information (horloge, état) | 0,8 W | 0,8 W |
| Veille en réseau (appareil qui reste joignable) | règles antérieures | 2 à 7 W selon le produit |
Le texte étend aussi son champ aux volets et portails motorisés, aux meubles réglables motorisés et aux produits alimentés par un bloc externe basse tension. Depuis 2009, les appareils doivent en outre basculer d’eux-mêmes en veille après un temps d’inactivité raisonnable.
La conséquence est double. Un téléviseur ou un four acheté récemment coûte moins d’un euro par an en veille simple : le débrancher ne change presque rien. En revanche, la veille en réseau reste plusieurs fois plus gourmande, parce que l’appareil garde sa connexion pour répondre à une application ou à une télécommande vocale. C’est elle qu’on trouve sur les box, les enceintes connectées et beaucoup d’objets de la maison connectée.
Les appareils qui pèsent vraiment
Les moyennes publiées permettent de classer les postes. Les chiffres ci-dessous viennent de l’Arcep pour les équipements télécoms, et de l’ADEME pour le reste.
| Appareil | Donnée publiée | Coût annuel calculé |
|---|---|---|
| Box internet au repos | 9,1 W en moyenne (Arcep) | 15,95 € |
| Décodeur TV en veille | 4,1 W en moyenne, de 0,2 à 15,4 W selon le modèle (Arcep) | 7,19 € |
| Machine à expresso non débranchée | 3 à 4 € par an (ADEME) | 3 à 4 € |
| Téléviseur neuf en veille simple | 0,5 W au plus (plafond réglementaire) | moins de 0,90 € |
| Console de jeux récente | 91 % de son énergie consommée en veille ou à l’arrêt sur sa durée de vie (ADEME) | variable selon le réglage |
La box et le décodeur arrivent en tête parce qu’ils ne dorment presque jamais : à eux deux, près de 23 € par an. Le détail par génération de box, les modes éco des opérateurs et le cas du décodeur en veille légère sont développés dans notre page sur la consommation d’une box internet.
Les consoles posent un cas à part. Leur mode de mise en veille rapide permet les mises à jour et la reprise immédiate d’une partie, mais il maintient l’appareil sous tension. L’ADEME conseille de sauvegarder la partie puis de mettre la console réellement hors tension, réglage que la plupart des modèles proposent dans leurs paramètres d’énergie.
Restent les veilles cachées : les appareils sans voyant qui consomment quand même, parce que leur bloc d’alimentation reste branché. Chargeurs laissés au mur, enceintes, imprimantes, machines à café à résistance tenue au chaud. Chacun pèse peu, mais leur nombre fait la différence.
Mesurer ses propres veilles
Les moyennes ne remplacent pas une mesure, surtout pour les appareils anciens. Deux méthodes se complètent.
La première se fait appareil par appareil. Un wattmètre ou une prise connectée à mesure de consommation s’intercale entre la prise murale et l’appareil, et affiche sa puissance. On laisse l’appareil en veille plusieurs heures, puis on lit la moyenne ; une lecture instantanée peut tomber sur un pic de mise à jour.
La seconde donne une vue d’ensemble. Le compteur Linky enregistre la consommation du logement, et l’espace client Enedis affiche une courbe de charge quand sa collecte est activée. La puissance relevée au milieu de la nuit, quand rien ne fonctionne volontairement, est le talon du logement : réfrigérateur, box, veilles et appareils oubliés. On peut alors couper un groupe d’appareils pendant une nuit et comparer le talon de la nuit suivante.
L’écart vaut d’être lu en kWh annuels, avec le tableau du début. Une baisse de 20 W du talon représente 175 kWh et environ 35 € par an, à prix Base d’août 2026.
Lesquels débrancher, lesquels laisser
Toutes les veilles ne se coupent pas, et certaines ne doivent pas l’être. La règle pratique tient en trois groupes.
On laisse branché le réfrigérateur et le congélateur, les détecteurs, une téléassistance, un système d’alarme, et tout appareil dont le fonctionnement repose sur une connexion permanente qu’on utilise vraiment. Couper une box, par exemple, coupe aussi le téléphone fixe et les objets qui en dépendent.
On règle les appareils qui proposent un mode d’économie. Le décodeur en veille profonde, la console en arrêt complet, la box avec la veille programmée de l’opérateur. C’est le geste qui rapporte le plus pour le moins d’effort, parce qu’il vise les postes les plus lourds.
On coupe en groupe le reste du coin télévision ou du bureau. L’ADEME recommande la multiprise à interrupteur, qui met hors tension plusieurs appareils d’un seul geste. Elle ne consomme rien, contrairement à une prise connectée.
Une prise connectée peut automatiser ces coupures, mais elle consomme elle-même de 0,5 à 1,6 W selon les fiches des fabricants. Pour une coupure de vingt heures par jour, elle n’est rentable qu’au-delà d’environ 1 W de veille sur l’appareil coupé : le bilan net, calculé modèle par modèle, figure dans notre page sur la consommation d’une prise connectée. Le même raisonnement vaut pour les petits objets connectés du réseau Wi-Fi, dont la liste s’allonge vite dans une maison équipée : notre guide Zigbee ou Wi-Fi aide à choisir le protocole selon l’objet.
Au total, couper les deux ou trois postes les plus lourds rapporte souvent plus que de débrancher chaque soir dix appareils à 0,5 W. C’est le tableau du début qui permet de trier.
Questions fréquentes
Combien coûte un appareil laissé en veille ?
Chaque watt consommé en permanence représente 8,76 kWh par an, soit environ 1,75 € au prix Base du Tarif Bleu d'août 2026. Un téléviseur récent à 0,5 W coûte moins d'un euro par an ; un décodeur à 4,1 W, un peu plus de 7 € ; une box à 9,1 W, près de 16 €.
Les veilles représentent-elles vraiment une grosse part de la facture ?
L'ADEME estime qu'elles peuvent atteindre 15 % de la facture d'électricité hors chauffage et eau chaude, soit plus de 100 € par an. La part réelle dépend du nombre d'appareils et de leur âge : un logement équipé d'appareils récents est bien en dessous.
Faut-il débrancher sa télévision la nuit ?
Pour un téléviseur récent, le gain est faible : la réglementation européenne limite la veille d'un appareil neuf à 0,5 W, soit moins d'un euro par an. Le décodeur qui l'accompagne consomme souvent bien plus, et c'est lui qu'il faut régler en veille profonde ou couper.
Comment connaître la consommation en veille de ses appareils ?
Avec un wattmètre ou une prise connectée à mesure de consommation, appareil par appareil, sur plusieurs heures. Pour une vue d'ensemble, la consommation de la nuit, visible dans l'espace client Enedis quand la courbe de charge est activée, donne le talon du logement.
Une prise connectée aide-t-elle à couper les veilles ?
Seulement si l'appareil coupé consomme nettement plus que la prise elle-même. Une prise connectée consomme de 0,5 à 1,6 W selon les fiches ; pour une coupure de 20 heures par jour, elle ne devient rentable qu'au-delà d'environ 1 W de veille.
Sources et méthode
- ADEME, guide « Réduire sa facture d'électricité » (Clés pour agir), édition mise à jour avec les prix de juillet 2022 : veilles jusqu'à 15 % de la facture hors chauffage et eau chaude, plus de 100 € par an ; machine à expresso non débranchée, 3 à 4 € par an ; consoles, 91 % de l'énergie consommée en veille ou à l'arrêt ; multiprise à interrupteur
- Commission européenne, page « Standby, networked standby and off mode » (energy-efficient-products.ec.europa.eu), règlement (UE) 2023/826 applicable depuis le 9 mai 2025 : 0,5 W en veille ou à l'arrêt, 0,8 W avec affichage ; 0,3 W à l'arrêt et 2 à 7 W en veille en réseau selon les produits à partir de 2027 (consultée le 13 octobre 2026)
- Arcep, enquête « Pour un numérique soutenable », édition 2026 (données 2024) : box à 9,1 W au repos, décodeur TV à 4,1 W en veille en moyenne
- EDF, grille de prix du Tarif Bleu au 1er août 2026 : Base 6 kVA à 20,01 c€ TTC/kWh
- Coûts annuels : calculs de la rédaction (watts × 8 760 heures × prix du kWh), hypothèses affichées ; aucune mesure n'a été faite par le site